Devenir saint par l’adoration
Par l’adoration je peux réellement donner ma vie et sauver des hommes ! C’est possible par ce temps d'intimité dans l'obscurité de la foi avec Jésus lui-même. Car il est tout entier présent dans l'hostie consacrée. On peut le rejoindre au-delà du temps, dans le don qu'il fait de son corps. Je peux avec lui devenir l'Agneau offert qui fait jaillir l'Esprit Saint sur le monde.
Donnons ce petit temps de désert avec lui, sans comprendre, sans le voir encore, pour devenir personnellement un canal invisible de ses grâces pour le Saint-Père, pour notre évêque et tous ses prêtres, pour chaque paroissien, chaque baptisé et chaque habitant du diocèse, pour notre famille, nos amis et nos ennemis, et pour ceux qui, quelque part au moment de notre prière, souffrent désespérément.
Une personne qui adore Jésus devient le cœur de l'Église : le cœur pulse le sang chargé d'oxygène et de nutriments dans tout le corps de l'Église en mission. Par l'offrande de mon adhésion personnelle à Jésus malgré mon non-ressenti, ma non-évidence, je reçois de le rejoindre à la croix et d'être uni à son Amour, source de tout amour !
Le Christ dans l’hostie
Le mystère de l’Hostie Sainte
Présence et mystère : qu’est-ce, précisément, que cette hostie consacrée ?
Qu’est-ce précisément que cette hostie consacrée ? Quelle est la réalité de ce que nous voyons ? Comment Dieu, comment Jésus est-il présent très concrètement ?
Devant nous il y a cette hostie, exposée dans un ostensoir, cette même hostie cachée dans les tabernacles de milliers de pauvres églises désertes, simplement signifiée par une petite lumière rouge. C’est l’hostie consacrée par un prêtre, lors de la messe. Le prêtre est le coopérateur de l’évêque qui est le successeur direct des apôtres.
Avant la consécration, les hosties sont du pain de blé, cuites sans ferment. Elles sont façonnées pour pouvoir être transportées et partagées facilement. Ce pain est « le fruit de notre travail », c’est-à-dire de toutes nos actions — signifié par la quête au même moment — « et de la terre », c’est-à-dire tout ce que Dieu donne à chacun concrètement pour vivre.
Mais à l’instant où le prêtre prononce les paroles de la consécration sur ces hosties, nous croyons que, par la toute-puissance de Dieu, les paroles réalisent ce qu’elles signifient : « Ceci EST mon corps livré pour vous ». Ce n’est plus une hostie, ce n’est plus du pain, c’est le corps du Christ, existentiellement. Ce n’est pas symbolique, intentionnel ou poétique : c’est l’être. Jésus est réellement là.
Attention, ce n’est pas sa présence « physique » mais sa présence « réelle » : c’est bien le corps physique du Christ, mais avec un mode de présence qui, lui, n’est pas physique ; une présence mystérieuse, propre aux sacrements.
Le pain n’est pas « devenu » Dieu, comme si du pain pouvait se transformer en Dieu. Ce n’est pas une « transformation », un changement de « forme ». Mais il y avait du pain, et à présent c’est bien le corps de Jésus : il y a eu un changement substantiel. Il ne reste plus rien de la substance du pain — cela signifie que nous ne devrions même pas voir ni goûter l’hostie : ce n’est plus du pain mais directement le corps de Jésus. Telle est la foi catholique, folie pour le monde.
Au Ciel, nous réaliserons que toute notre vie nous avons assisté à un double miracle ! Premier miracle : à chaque messe, toute la substance du pain devient toute la substance du corps du Christ, que nous ayons foi ou non. Le second miracle, c’est que nous puissions voir encore une hostie, goûter dans notre bouche les apparences du pain alors que c’est uniquement Dieu, à la fois livré à la croix et à la fois victorieux !
Jésus toujours suspendu à la croix aujourd’hui ?
Bien sûr que la crucifixion et la résurrection ont eu lieu dans un temps révolu de l’histoire, mais c’est un acte de Dieu au-delà du temps, même s’il a eu lieu dans le temps. C’est un acte rejoignant l’éternité de son acte pur, de cet amour qu’il vit en lui-même. La crucifixion victorieuse est l’acte même de Dieu avant la création du monde, mais vécu dans un mode, un réalisme propre à notre enfantement. Un jour, nous serons stupéfaits de voir combien nous avions accès, dans l’instant présent, à cette actualité, à cette méta-actualité, qui est le terme du temps, la mesure de chaque temps vécu.
Seulement Jésus ou la Très Sainte Trinité ?
Nous croyons que Dieu est un seul être. Il a une seule vie, une seule volonté, une seule intelligence, et cette unité, cette simplicité, est plus riche que l’ensemble des richesses de l’univers. Dans cette unité, nous croyons que Dieu est trinitaire : trois personnes. Nous n’avons pas l’expérience d’un être simple qui puisse être trois personnes — trois sujets distincts — ayant une seule volonté, une seule intelligence. Nous, nous sommes dans une certaine solitude dans notre être et nous avons besoin d’autres êtres extérieurs pour exister.
Dieu n’est pas solitude, il est communion de trois personnes dans son être parfait. Nous croyons que Dieu a voulu personnellement, en tant que Fils, prendre notre condition humaine, devenir homme parmi les hommes, entrer dans le temps. Pourtant Dieu est un. Ainsi, puisque Jésus livre son corps dans l’Eucharistie et que l’Eucharistie nous attend dans les églises et les chapelles du monde, c’est la Trinité Sainte tout entière qui est là, voulant se présenter à nous comme du pain à assimiler !
Infiniment plus que les miracles et les apparitions
Nous sommes capables de traverser le monde pour aller prier dans des lieux où le Christ ou la Vierge Marie sont apparus quelques heures dans le passé, et sous une apparence adaptée au regard et à la culture de quelques voyants dont nous ne partagerons pas les visions. Mais actuellement, la Très Sainte Trinité est là, livrée à notre attention, substantiellement là, dans l’église qui est à quelques minutes de chez nous !
Profitons de l’adoration du Saint Sacrement, et de toutes les églises ouvertes, pour avoir l’immense privilège de passer un temps en tête à tête avec le Créateur de l’univers, celui par qui tout subsiste et en qui tout va s’épanouir et s’achever éternellement. Pour savoir précisément ce qu’il y a dans cet ostensoir que l’on expose pour l’adoration, pour savoir ce que c’est que cette hostie, il faudra attendre le Ciel, attendre de voir dans le regard même de Dieu. Et nous serons stupéfaits, émerveillés à un point tel que cet émerveillement durera une éternité !
Devenir saint par l’adoration !
Dieu seul est saint. Devenir saint, commencer à devenir saint, c’est commencer à s’unir à lui. L’Eucharistie est du pain pour que nous mangions, du vin pour que nous buvions. Par notre action d’assimiler, nous « détruisons » les apparences du pain et du vin, rappelant la mort de Jésus à cause de nos péchés, mais en même temps nous sommes unis à lui. Ainsi Dieu l’a voulu dans sa folie d’amour ! À nous d’accepter ou non cette folie.
L’adoration de la Sainte Eucharistie, de l’hostie consacrée lors de la messe, c’est le prolongement de cette union vécue intérieurement. Nous entrons dans la vie éternelle et bienheureuse des Trois Personnes Divines avec notre singularité propre, nos limites, nos péchés confessés. Personne ne pourra être ce que nous sommes individuellement dans l’histoire de l’éternité. Nous n’avons que ces quelques jours pour aimer avec Jésus, nous donner avec lui, dans la non-vision, dans le désert déconcertant de la simplicité de cette hostie inerte, pour offrir de notre vie un temps avec lui, en intercédant pour chaque personne habitant sur le territoire porté invisiblement par l’Église locale, et puis aussi pour toutes les personnes que nous croisons, que nous connaissons ou dont nous entendons parler.
Extraits bibliques et saints
Paroles de saints
Combien disent : « Je voudrais voir Sa figure, Ses traits, Sa beauté… » Mais dans l’Eucharistie, c’est lui-même que vous voyez, lui-même que vous touchez, lui-même que vous mangez. Pensez-y et adorez, car c’est le même qui est aux Cieux et que les anges adorent !
Saint Jean Chrysostome
Je l’avise et Il m’avise. — Lorsque nous sommes devant le très saint Sacrement, au lieu de regarder autour de nous, fermons nos yeux et ouvrons notre cœur ; le Bon Dieu ouvrira le sien… On n’a pas besoin de tant parler pour bien prier. On ouvre son cœur, on se complaît dans sa présence : voilà la meilleure prière !
Saint Jean-Marie Vianney
L’Eucharistie, c’est l’autoroute du Ciel. Plus nous communierons, plus nous deviendrons semblables à Jésus ; si l’on approche de l’Eucharistie tous les jours, on va droit au Paradis.
Saint Carlo Acutis
Si Je n’avais pas institué mon divin Sacrement d’amour, Je l’instituerais pour l’amour de toi, afin d’avoir le plaisir de loger dans ton âme et prendre mon repos d’amour dans ton cœur.
Sainte Marguerite-Marie Alacoque
Que le sacrement de l’Eucharistie soit la source et le sommet de notre vie, la nourriture de notre marche vers le Père ; c’est un don nouveau et absolument unique de l’immense amour que Jésus porte aux hommes, parce que, pour se faire nourriture pour l’humanité et se donner ainsi à nous, Il s’est uni à nous de la manière la plus parfaite que le Créateur puisse avoir avec la créature.
Saint Padre Pio
C’est pour nous que Jésus est resté dans la Sainte Hostie ! Pour demeurer à notre côté, pour nous soutenir, pour nous guider. L’amour ne se paye que par l’amour. — Alors, comment ne pas nous rendre auprès du Tabernacle, chaque jour, ne serait-ce que pour quelques minutes, pour Le saluer et Lui témoigner notre amour d’enfants et de frères ?
Si le Tabernacle est au centre de tes pensées et de tes espérances, mon fils, comme ils seront abondants les fruits de sainteté et d’apostolat que tu récolteras !
Saint Josémaria Escrivá
Quand je suis près du tabernacle, je ne sais dire à Notre-Seigneur qu’une seule chose : « Mon Dieu, vous savez que je vous aime. »
Sainte Thérèse de Lisieux
Mon Jésus, je crois à votre présence dans le Très Saint-Sacrement. Je vous aime plus que tout et je désire vous recevoir dans mon âme.
Saint Alphonse de Liguori
Le temps que vous passez avec Jésus au Saint-Sacrement est le meilleur temps que vous puissiez passer sur terre. Chaque instant passé avec Jésus approfondira votre union avec lui, rendra votre âme immortelle plus glorieuse et plus belle au Ciel et contribuera à apporter une paix éternelle sur terre.
Sainte Mère Teresa
Jésus leur dit : « Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. […] Oui, la volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »
Le Pain de Vie — Évangile selon saint Jean (Jn 6)